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Groenland : le développement touristique, opportunité ou menace ?

Groenland : le développement touristique, opportunité ou menace ?

Marie-Noëlle Rimaud Professeur associé le
tourisme Groenland
Si le Groenland se trouve depuis un an sous les feux de l’actualité du fait des récurrentes déclarations de Donald Trump, qui affirme vouloir l’annexer aux États-Unis, le territoire a également d’autres enjeux à gérer, à commencer par la gestion du tourisme. Fort de ses paysages spectaculaires et de l’attrait qu’exerce la culture inuit, le Groenland s’efforce de concilier accroissement des revenus générés par le tourisme et protection de ses atouts naturels et culturels face aux dangers d’un surtourisme.
Cet article est republié à partir de The Conversation. Il a été rédigé par Marie-Noëlle Rimaud Professeur associé, département académique tourisme, Excelia
Lire l’article original : Groenland : le développement touristique, opportunité ou menace ?

 

Un dilemme majeur attend les Groenlandais en matière de tourisme dans les années à venir : développer résolument ce secteur… ou ne pas le faire, pour éviter ce que d'aucuns qualifient de « surtourisme ». Le Grand Nord a la cote et la construction d'aéroports capables d'accueillir des vols long courrier accentue les risques. Le géographe Rémy Knafou rappelait fort justement en 2023 que « la seule manière réellement opérationnelle de vouloir contrôler l'impact du tourisme dans des lieux peu ou pas habités est de ne pas s'y lancer ».

Jusqu'à tout récemment, en raison du climat nordique et de la nuit polaire, le tourisme se concentrait sur une courte période de l'année, de juin à fin août, et ne concernait que quelques sites emblématiques : essentiellement Ilulissat et son fjord glacé classé au patrimoine de l'Unesco, et la baie de Disko. Dès lors, le nombre de visiteurs étrangers était relativement limité : en 2023, il s'est élevé à 130 000 personnes.

Les détracteurs du tourisme craignent qu'avec la multiplication des vols directs (notamment entre Nuuk et New York), des développements touristiques exagérés fragilisent les milieux naturels et la qualité de vie locale et entraînent une folklorisation de la culture inuit. L'Organisation internationale du tourisme social alerte sur le risque, via le tourisme communautaire, de figer les identités locales dans une mise en scène artificielle, une image pittoresque généralement promue par les opérateurs touristiques étrangers.

Le réchauffement climatique perturbe déjà les modes de vie des communautés et des conflits d'usage pourraient apparaître autour des projets touristiques trop ambitieux, mal conçus, irrespectueux des coutumes ou des lieux.

 

Comment réussir une transition touristique harmonieuse ?

Au-delà d'un plan, il semble pertinent d'encourager les autorités groenlandaises à poursuivre leurs réflexions par une identification des ressources naturelles patrimoniales. En plus des sites iconiques cités plus haut, il pourrait s'agir de la région de Kujataa (classée au patrimoine mondial de l'Unesco), le parc national du Nord-Est (réserve de biosphère), la faune et les paysages arctiques : l'inlandsis. Cette cartographie des ressources permettra de repérer les plus attractives, mais surtout les plus vulnérables, car rares et fragiles.

Visit Greenland, site web de promotion touristique appartenant au gouvernement du Groenland, a imaginé un concept, The Big Artic Five : Traîneau, Aurores boréales, Glace & neige, Baleines, Communautés. Attention toutefois à ne pas tomber dans l'aura mystique et le mythe du bon sauvage. Avec raison, plusieurs auteurs mettent en avant un attrait spécifique des régions polaires : l'imaginaire nordique. Alain Grenier soulignait ainsi en 2009 que « l'imaginaire du Nord constitue le premier attrait des régions nordiques et, à plus grande échelle, des régions polaires ». Nicolas Escach constatait en 2020 que « dans un monde saturé, l'Arctique est également associé à la promesse d'une réserve d'espace vierge, une sorte de retour ontologique aux origines ». La question de l'image à donner du territoire et de la manière de communiquer sera donc essentielle.

Dans un second temps, les décideurs groenlandais auront intérêt à conduire un recensement des parties prenantes du secteur du tourisme, afin le moment venu de les informer, de les sensibiliser, peut-être de les inciter à changer de regard, et enfin les accompagner. L'orientation d'une partie des dispositifs de soutien en faveur d'acteurs qui s'engagent dans la transition a montré son efficacité ailleurs.

In fine, il serait souhaitable de conduire une sorte d'auto-diagnostic sur les menaces liées au réchauffement climatique et à une capacité de charge touristique exagérée, par exemple en utilisant une matrice de criticité (ce qui permettrait d'établir une sorte de classement concernant l'exploitation de divers sites, qui irait d'un risque élevé ou considérable à l'absence de risque avéré).

Un documentaire diffusé sur Arte rappelle la dépendance du pays à la pêche (4 000 personnes, soit 10 % de la population, travaillent dans ce secteur), qui l'oblige à rechercher une diversification. Naaja H. Nathanielsen, la ministre des ressources naturelles, confirme dans le documentaire le besoin crucial de trouver des ressources supplémentaires :
 

« [Près de ] 54 % du budget de l'État vient de l'extérieur : il s'agit de la subvention accordée par le Danemark ainsi que de fonds qui viennent de l'UE. Nous avons donc une tâche très difficile à accomplir. Nous devons gagner plus d'argent par nos propres moyens afin d'être autosuffisants. »


Pour cela, des investissements conséquents devront être réalisés, car le pays manque cruellement d'infrastructures et les conditions climatiques et d'accès y sont beaucoup plus difficiles qu'ailleurs.

 

La loi de novembre 2024

Comme je le précisais dans un article du Polar Journal, une loi sur le développement touristique est entrée en vigueur en novembre 2024. Elle confirme que le territoire souhaite faire du tourisme un moteur de croissance et offrir des opportunités aux entrepreneurs groenlandais. La question qui reste en suspens est l'équilibre entre les opérateurs locaux et les investisseurs extérieurs, jugés omniprésents. Aude Créquy regrettait déjà en 2012 que pour le tourisme de croisière ou celui d'aventure, l'argent circule plutôt de mains occidentales en mains occidentales.

Le nouveau texte introduit une politique d'investissement et de propriété plus restrictive. La loi impose désormais une autorisation pour exercer une activité touristique et exige que les titulaires de licences soient résidents et imposables au Groenland. Certaines activités, comme les croisières, sont limitées à des zones et périodes spécifiques ; mais l'entrée en vigueur de la loi est prévue au 1er janvier 2027, laissant un temps d'adaptation aux opérateurs.

Dans une analyse d'avril 2025, la banque nationale du Danemark lançait une mise en garde contre une tendance consistant à trop restreindre l'implication des investisseurs étrangers :

« Les investissements étrangers apportent généralement des connaissances et du capital-risque qui favorisent le développement des entreprises et les revenus de la société. Une structure commerciale plus large nécessite des investissements importants, et la base de ces investissements ne peut être créée uniquement à partir de l'épargne et du capital groenlandais. »

Autre mise en garde informelle : l'exemple de l'archipel norvégien du Svalbard. Sa ville principale, Longyearbyen, est « envahie » par les visiteurs durant une dizaine de jours l'été, ce qui a obligé le gouvernement à prendre des mesures restrictives. Visit Svalbard invite à réfléchir à la meilleure manière d'organiser le secteur : « Le Svalbard doit atteindre un équilibre optimal sur la destination en garantissant "le bon nombre de visiteurs au bon endroit et au bon moment" – "The right volumes of the right guests in the right place at the right time" (4R). La destination donnera la priorité aux marchés et segments qui contribuent de manière constante à la création de valeur locale la plus élevée avec l'empreinte la plus faible (rendement élevé, faible impact). »

En matière d'organisation agile, le pilotage des croisières d'observation des baleines dans le Saint-Laurent, au Canada peut également servir de modèle.

 

Des décisions stratégiques à prendre

Les arbitrages finaux seront importants : quel sera le volume de touristes, et s'agit-il de tenter d'attirer un tourisme de masse ou un tourisme de luxe ; la désaisonnalisation est-elle recherchée et si oui, comment, y parvenir ? Quels seront les hauts lieux touristiques (c'est-à-dire ceux sur lesquels la communication groenlandaise insistera le plus) et comment les protéger ? Quels partenaires financiers pour les porteurs de projet locaux et comment s'assurer d'un retour sur investissement suffisant pour les communautés ?

 

Le Groenland appartient aux Groenlandais ! Mais son avenir dépendra aussi de la capacité des autres nations à reconnaître ce pays et à le respecter. La déclaration de Naaja H. Nathanielsen sur LinkedIn mi-janvier 2026 – « j'inviterai les pays partageant les mêmes idées à rendre notre région sûre dans une collaboration respectueuse : investir, s'engager et être un allié » – peut apparaître comme un programme souhaitable.

Voyage à impact positif : voyager autrement pour changer le monde

Voyage à impact positif : voyager autrement pour changer le monde

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Voyage à impact positif

 

Voyage à impact positif : et si tes vacances changeaient vraiment la donne ?

Chaque année, plus d'1,5 milliard de personnes parcourent le monde. Mais combien laissent une trace positive derrière elles ? Voyager ne se résume plus à consommer des expériences : ton séjour peut devenir un véritable levier de changement pour les territoires et les communautés que tu découvres. Dans cet article, on t'explique comment transformer tes voyages en actions concrètes, et pourquoi les métiers du tourisme de demain se construisent autour de cette vision.

Pourquoi voyager a un effet bénéfique bien au-delà des vacances ?

Partir en voyage, c'est bien plus qu'une simple pause dans ton quotidien. C'est une expérience qui transforme ta manière de voir le monde et de te voir toi-même. Chaque destination t'offre l'occasion de développer des compétences concrètes et de nourrir ton bien-être mental.

 

Un levier d'ouverture et d'apprentissage personnel

Voyager te pousse à sortir de ta zone de confort. Tu découvres de nouvelles cultures, tu apprends à communiquer dans d'autres langues, et tu développes une capacité d'adaptation précieuse dans le monde professionnel. Ces expériences d'immersion renforcent ta curiosité, ta tolérance et ton empathie.

Sur le terrain, tu apprends à gérer l'imprévu, à tisser des liens avec des personnes d'horizons différents et à comprendre des codes culturels variés. Ces compétences relationnelles sont essentielles dans les métiers du tourisme et de l'hospitalité, où l'ouverture aux autres fait toute la différence. Chaque rencontre devient une leçon d'apprentissage vivante.

 

Une source prouvée de bien-être mental et émotionnel

Les bienfaits du voyage sur ta santé mentale sont réels et mesurables. Partir te permet de réduire ton stress quotidien et de stimuler ta créativité. Des études montrent que le simple fait de planifier un voyage augmente ton niveau de bonheur et d'anticipation positive.

En explorant de nouveaux environnements, tu renforces ta confiance en toi et ta résilience émotionnelle. Ton cerveau s'adapte et crée de nouvelles connexions grâce à la neuroplasticité. Cette stimulation mentale t'aide à être plus attentif et réactif face aux défis. Les voyages t'apportent également un sentiment de sens et de connexion sociale qui nourrit ton équilibre intérieur sur le long terme.

 

Quels sont les avantages concrets du tourisme régénératif ?

Le tourisme régénératif change complètement la donne. Il ne s'agit plus simplement de voyager en limitant les dégâts, mais de laisser chaque destination dans un meilleur état qu'à ton arrivée. Ce concept transforme le voyageur en contributeur actif, capable de créer un impact positif mesurable pour les territoires et leurs habitants.

 

Du tourisme durable au tourisme de contribution

Tu connais probablement déjà le tourisme durable. Son objectif ? Réduire ton empreinte, préserver les ressources, minimiser les impacts négatifs. C'est une première étape essentielle.

Le tourisme régénératif va plus loin. Il cherche à générer des bénéfices nets positifs pour les lieux que tu visites. Concrètement, cela signifie contribuer activement à l'économie locale, à la préservation de la biodiversité ou au renforcement des liens culturels. Tu passes de « je fais attention » à « je contribue vraiment ».

Cette approche transforme ta relation au territoire. Tu ne te contentes plus de consommer des expériences, tu participes à la vie locale. C'est un changement de posture qui redonne du sens au voyage et crée des échanges équilibrés entre voyageurs et communautés d'accueil.

 

L'éthique du don appliquée au voyage

Marcel Mauss, anthropologue français, a théorisé une idée puissante : le cycle du don, recevoir et rendre. Ce principe crée des liens durables entre les communautés, bien au-delà de la simple transaction commerciale.

Appliqué au voyage, cela signifie que tu contractes une dette morale envers les territoires qui t'accueillent. L'hospitalité devient un échange, pas juste un service payé. Tu reçois une expérience, tu rends quelque chose en retour.

Prenons l'exemple du kula, rituel d'échange symbolique entre les îles Trobriand dans le Pacifique. Les objets circulent selon des règles précises, créant des réseaux sociaux durables. Aucune accumulation, seulement des échanges équilibrés qui renforcent les liens communautaires.

C'est exactement ce que vise le tourisme régénératif : privilégier des échanges équilibrés où tu respectes les lieux, valorises les cultures locales et contribues au bien-être des territoires. L'éthique du voyage se mesure moins à ce que tu paies qu'à ce que tu rends.

Critère Tourisme classique Tourisme régénératif
Objectif Consommer des expériences Contribuer activement au territoire
Relation au territoire Transactionnelle et ponctuelle Réciproque et durable
Rôle du voyageur Client passif Acteur local engagé
Impact attendu Limiter les dégâts Laisser un bénéfice net positif

Comment des initiatives concrètes montrent l'importance du voyage responsable ?

Certaines destinations ont décidé de transformer leurs visiteurs en acteurs du territoire. Ces initiatives illustrent comment le voyage peut devenir un levier de contribution, pas seulement de consommation.

 

CopenPay : quand les voyageurs deviennent acteurs du territoire

Copenhague a lancé CopenPay, un programme qui récompense les touristes pour leurs actions citoyennes. Le principe est simple : tu participes à des activités écologiques courtes, tu obtiens en échange des avantages locaux.

Concrètement, tu peux ramasser des déchets pendant 30 à 60 minutes avec l'association Drop in the Ocean et recevoir une réduction de 50% dans des hôtels du centre. Tu peux aussi jardiner dans une ferme urbaine le jeudi et partager un café avec des bénévoles locaux. Une heure passée à aider la production de fraises via des insectes auxiliaires te vaut un jus de fraises frais.

Cette approche transforme l'expérience : tu ne consommes plus la ville, tu y contribues. Tu crées du lien avec les habitants et tu découvres Copenhague autrement.

 

Les pledges internationaux : s'engager dès l'arrivée

Plusieurs destinations ont mis en place des pledges, des engagements que tu signes à l'arrivée. Ces serments te rappellent tes responsabilités envers le territoire que tu visites.

Le tableau ci-dessous présente les principaux pledges internationaux :

Pays / Destination Nom du pledge Engagement clé
Palau (Micronésie) Palau Pledge Protéger l'environnement et la culture locale ; sanctuaire marin couvrant 80% des eaux
Nouvelle-Zélande Tiaki Promise Respecter terre, mer et culture maorie ; minimiser son empreinte
Kauai (Hawaii) Aloha Pledge Respecter écosystèmes et ressources ; éviter crèmes solaires toxiques
Islande Icelandic Pledge Préserver les paysages via capsules vidéo éducatives
Finlande Visit Finland Pledge Faire de la Finlande la première destination durable

Ces pledges ne se contentent pas d'afficher de bonnes intentions. Ils s'accompagnent souvent de vidéos éducatives diffusées pendant le vol ou à l'arrivée, et impliquent parfois les enfants locaux dans leur création. L'objectif : créer un contrat moral entre toi et la destination.

 

Le voyage « carbone positif » : aller plus loin que la compensation

Le concept de voyage carbone positif pousse la logique encore plus loin. Il ne s'agit plus seulement de réduire ton impact ou de le compenser, mais de contribuer activement au-delà de ton empreinte réelle.

Comment ça marche ? Tu calcules d'abord ton empreinte carbone (transport, hébergement, activités). Ensuite, tu finances des projets locaux de reforestation ou de transition énergétique pour un montant supérieur à ton impact calculé. Tu laisses ainsi une trace positive sur le territoire.

Cette démarche s'inscrit dans une vision régénérative du voyage. Tu deviens acteur de changement, pas seulement visiteur.

 

Comment se former au tourisme à impact positif ?

 

L'approche pédagogique d'Excelia Tourism School

Excelia Tourism School intègre éthique, durabilité et responsabilité sociétale au cœur de ses formations. Tu y découvriras comment transformer le voyage en véritable levier de changement.

L'apprentissage articule théorie et pratique. Tu exploreras des concepts clés comme la réciprocité, le don et la contribution territoriale. Ces notions prennent vie à travers des études de cas réelles : comment concevoir un séjour régénératif, mesurer l'impact d'une initiative locale, ou co-créer des expériences avec les communautés d'accueil.

Les programmes (MSc Produits et Projets Touristiques, MSc Stratégies de Valorisation des Territoires) mettent l'accent sur l'innovation et la durabilité. Tu apprendras à concevoir des offres touristiques qui respectent l'environnement, valorisent le patrimoine et génèrent des bénéfices concrets pour les territoires.

 

Des expériences immersives pour devenir acteur du changement

La formation ne se limite pas à la salle de cours. Les stages à l'international, l'alternance et les mises en situation réelles te plongent dans des contextes professionnels variés. Tu pourrais collaborer avec des destinations qui pratiquent le tourisme régénératif, participer à des projets d'éco-tourisme ou accompagner des acteurs locaux dans leur transition durable.

Le campus multiculturel d'Excelia favorise les échanges et l'ouverture. Cette diversité prépare à travailler dans des environnements internationaux où l'hospitalité durable devient la norme.

Les débouchés sont concrets : chargé de mission tourisme durable, responsable RSE, concepteur de séjours responsables, consultant en hospitalité durable. Des métiers qui combinent passion du voyage et engagement pour un tourisme qui contribue vraiment.

Prêt à rejoindre l'aventure ? Découvre les formations d'Excelia Hotel & Tourism School et deviens acteur du tourisme de demain.

 

Questions fréquentes sur le voyage à impact positif

Quelle est la différence entre tourisme durable et tourisme régénératif ?

Le tourisme durable cherche avant tout à limiter les impacts négatifs de tes déplacements. Tu réduis ton empreinte carbone, tu évites de surcharger les sites fragiles, tu respectes les ressources. C'est déjà une belle étape. Le tourisme régénératif va plus loin : il vise à laisser les lieux dans un meilleur état qu'à ton arrivée. Tu ne te contentes pas de réduire les dégâts, tu contribues activement à restaurer les écosystèmes, à renforcer l'économie locale et à enrichir les communautés. C'est passer d'une logique de préservation à une logique de contribution.

Comment un étudiant peut-il voyager de manière responsable ?

Voyager de façon responsable avec un budget étudiant, c'est tout à fait possible. Privilégie les hébergements locaux comme les gîtes ou les auberges communautaires plutôt que les grandes chaînes. Opte pour les transports doux quand tu peux : train, covoiturage, vélo. Participe à des initiatives locales gratuites ou peu coûteuses, comme le ramassage de déchets ou le jardinage urbain. Des programmes comme CopenPay à Copenhague te récompensent même pour ces actions citoyennes. Tu gagnes en authenticité, tu crées du lien avec les habitants et tu réduis tes dépenses tout en contribuant positivement.

Le tourisme régénératif est-il réservé à un marché de niche ?

Pas vraiment. Selon le baromètre Skift 2026, le tourisme régénératif doit sortir des cercles restreints pour devenir une pratique de masse. Aujourd'hui, huit voyageurs sur dix recherchent des expériences responsables. Le défi, c'est que les grands acteurs du secteur s'emparent du concept pour le rendre accessible à tous. L'inflation et les incertitudes politiques freinent encore les investissements, mais les initiatives se multiplient. Le tourisme régénératif n'est plus une utopie réservée aux initiés : c'est une opportunité économique et sociale qui gagne du terrain partout dans le monde.

Quels métiers permettent de travailler dans le tourisme à impact positif ?

Les débouchés sont nombreux et variés. Tu peux devenir responsable tourisme durable dans une collectivité ou un parc naturel, chargé de mission RSE pour un opérateur touristique, ou encore concepteur de séjours responsables. D'autres postes émergent, comme consultant en hospitalité durable ou analyste d'impact pour mesurer les retombées positives des voyages. Ces métiers demandent des compétences en gestion de projet, communication interculturelle et évaluation d'impact. Ils s'appuient sur une formation solide qui combine théorie et expériences immersives, comme celles proposées à Excelia Tourism School, pour former les professionnels du tourisme de demain.

 

 

 

Vivre comme un local : l’avenir du tourisme, c’est l’immersion

Vivre comme un local : l’avenir du tourisme, c’est l’immersion

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Tourisme immersif Excelia Tourism School

Imaginez-vous vous réveiller au son des cloches d'un temple népalais, partager un petit-déjeuner traditionnel avec votre famille d'accueil, puis partir aux champs pour une journée de travail aux côtés des agriculteurs locaux. Le tourisme immersif transforme notre façon de voyager, nous invitant à délaisser le rôle de simple spectateur pour devenir acteur de nos découvertes.

Vivre comme un local : comment le tourisme immersif transforme l'industrie du voyage

Cette nouvelle approche du voyage, où chaque instant devient une opportunité d'apprentissage authentique et de rencontres véritables, redéfinit les standards de l'industrie touristique. Dans un monde où nos étudiants se préparent à concevoir les expériences de demain, une question se pose : comment le tourisme immersif peut-il créer des connexions plus profondes entre les voyageurs et les communautés locales ?

Qu'est-ce que le tourisme immersif aujourd'hui ?

Une nouvelle approche du voyage et de l'expérience

Le tourisme immersif bouleverse les codes traditionnels du voyage en proposant des séjours en immersion qui permettent de vivre au cœur de la population locale. Les voyageurs sortent de leur zone de confort pour découvrir un pays de l'intérieur, participant aux tâches quotidiennes et aux célébrations des communautés qui les accueillent.

Les formations en tourisme, comme celles d'Excelia Tourism School, intègrent désormais cette dimension expérientielle dans leurs programmes. Les étudiants apprennent à créer des moments riches en émotion qui transcendent le simple dépaysement pour offrir une compréhension profonde des modes de vie locaux.

Le tourisme expérientiel transforme chaque destination en une prochaine aventure où l'authenticité prime sur le confort standardisé. Cette approche redéfinit la relation entre voyageurs et habitants, créant des expériences uniques qui enrichissent mutuellement les deux parties.


L'évolution des attentes des voyageurs

76% des voyageurs souhaitent désormais vivre des expériences authentiques lors de leurs séjours. Cette transformation profonde du secteur touristique pousse les professionnels à repenser leurs offres. Les voyageurs ne se contentent plus d'observer, ils veulent participer, comprendre et créer des liens durables avec les communautés locales.

Face à ces nouvelles aspirations, les formations en tourisme évoluent. Les étudiants d'Excelia Tourism School apprennent à concevoir des séjours qui répondent à cette quête de sens, en développant des compétences en médiation culturelle et en gestion de projet éthique.

La technologie elle-même se met au service de cette immersion, avec des outils numériques qui facilitent les rencontres authentiques plutôt que de créer des barrières. Les réseaux sociaux deviennent des plateformes de partage d'expériences vécues, transformant chaque voyageur en ambassadeur de la destination visitée.


Les piliers d'un séjour en immersion réussi

Vivre au rythme des locaux

Se réveiller avec le chant du muezzin à Marrakech, participer à la récolte du thé au Japon ou préparer le repas avec une famille péruvienne... L'immersion culturelle commence par l'adoption des horaires et habitudes quotidiennes de nos hôtes. Cette synchronisation naturelle permet de découvrir les subtilités d'une culture que le tourisme traditionnel ne peut saisir.

Une étudiante d'Excelia Tourism School partage son expérience : "En vivant trois mois dans un village du Kerala, j'ai appris que le rythme indien n'était pas qu'une question d'horaires décalés. C'est toute une philosophie de vie qui s'exprime dans la façon de prendre son temps, de socialiser, de manger".

Les voyageurs apprennent à ralentir, à observer les rituels quotidiens et à participer aux moments de vie collective. Que ce soit la sieste espagnole ou le bain public japonais, chaque geste devient une fenêtre sur l'âme d'un pays.


L'importance des rencontres authentiques

"Ma plus belle leçon durant mon stage au Népal ? Comprendre que chaque conversation est une porte vers un nouveau monde", partage Marie, étudiante à Excelia. Les voyageurs d'aujourd'hui ne cherchent plus à simplement observer mais à tisser des liens profonds avec leurs hôtes.

À travers des moments de partage spontanés - une partie de pétanque improvisée dans un village provençal, un atelier de poterie traditionnel au Maroc - naissent des connexions uniques qui transforment un simple séjour en une expérience mémorable. Les étudiants en tourisme apprennent à orchestrer ces rencontres tout en préservant leur spontanéité.

Une conversation autour d'un thé peut révéler des siècles d'histoire, une recette transmise de génération en génération cache souvent un trésor de traditions. Ces échanges, loin des circuits touristiques classiques, permettent de découvrir l'âme véritable d'une destination à travers les yeux de ceux qui y vivent.


Participer aux traditions et à la vie quotidienne

Les mains dans la terre d'un potager communautaire au Pérou, Léa découvre bien plus que des techniques agricoles ancestrales. Cette étudiante en mission Humacité© témoigne d'une expérience qui transforme sa vision du voyage. Les gestes quotidiens deviennent porteurs de sens : pétrir le pain avec une famille marocaine, participer à la cueillette du thé au Sri Lanka, ou apprendre les danses traditionnelles d'un village thaïlandais.

La participation aux traditions locales transcende le simple folklore touristique. Une célébration de mariage en Inde, un rituel chamanique en Mongolie, la préparation d'un repas de fête au Mexique - chaque moment partagé tisse des liens profonds entre voyageurs et habitants.

Le voyage immersif révèle sa vraie nature : un échange où chacun apprend de l'autre. Les voyageurs repartent enrichis d'une nouvelle compréhension du monde, tandis que les communautés locales voient leurs traditions valorisées et perpétuées.


Les différentes formes du tourisme immersif


Le séjour chez l'habitant : une aventure humaine

Le marché du séjour chez l'habitant connaît une croissance de 45% depuis 2020. Cette tendance reflète un désir profond des voyageurs de vivre une aventure humaine plutôt qu'un simple hébergement. À Bali, Sarah partage le quotidien d'une famille de sculpteurs sur bois, tandis qu'au Maroc, Marc apprend les secrets du tajine dans la cuisine familiale.

Ces moments de partage transforment la relation hôte-voyageur en véritable échange culturel. Une étudiante d'Excelia Tourism School raconte comment son stage dans une famille d'agriculteurs toscans lui a appris bien plus que toutes ses lectures sur l'Italie. Les repas partagés deviennent des moments de découverte, les conversations du soir des leçons d'histoire vivante.

Du Québec rural aux villages du Vietnam, chaque foyer qui ouvre ses portes offre une fenêtre unique sur des modes de vie préservés. Les enfants deviennent des professeurs de langue improvisés, les grands-parents des gardiens de traditions millénaires. Le séjour chez l'habitant transforme ainsi chaque voyage en une collection de moments précieux, où l'humain reprend sa place au cœur de l'expérience touristique.


L'expérience du berger : retour aux sources

L'aube se lève sur les alpages, et avec elle, le tintement des cloches qui guide le berger et son troupeau. Pour Lisa, étudiante en Bachelor Tourism Management à Excelia, cette expérience immersive dans les Pyrénées a bouleversé sa vision du métier. "On oublie vite son smartphone quand il faut se lever à 4h pour la traite, mais quelle fierté de déguster ensuite le fromage qu'on a aidé à fabriquer !"
Cette reconnexion avec des savoir-faire ancestraux séduit de plus en plus de voyageurs en quête d'authenticité. Entre gestion du troupeau, fabrication fromagère et veillées au coin du feu, chaque journée offre son lot de découvertes. "Les bergers m'ont transmis bien plus que des techniques - une philosophie de vie, un rapport au temps différent, une lecture subtile de la nature", confie Lisa.

Dans les alpages du Béarn comme sur les plateaux mongols, ces expériences permettent de préserver des traditions millénaires tout en créant des ponts entre les cultures.


Le voyage solidaire : impact positif et partage

Le tourisme solidaire représente aujourd'hui 15% des projets Humacité© chez Excelia, un chiffre qui témoigne d'une transformation profonde du secteur. À la Food Bank de New York, Thomas coordonne les distributions alimentaires tout en découvrant les réalités sociales de la ville. "On ne voyage plus seulement pour voir, mais pour agir", explique cet étudiant en Bachelor Tourism Management.

Dans un village du Cambodge, Emma participe à la construction d'une bibliothèque communautaire. Sa mission associe apprentissage professionnel et engagement social. Les matinées de travail alternent avec des moments d'échange autour d'un repas ou d'une partie de volley improvisée avec les enfants du village.

Ces expériences transforment durablement la vision du métier. Les futurs professionnels du tourisme développent une approche où l'impact positif devient aussi important que la qualité du service. Une nouvelle génération émerge, prête à concevoir des voyages qui enrichissent autant les visiteurs que les communautés d'accueil.


Destinations phares pour une immersion culturelle


L'authenticité préservée du Pérou amérindien

Au cœur des montagnes sacrées des Andes, les communautés quechuas perpétuent des traditions millénaires. Les marchés colorés de Pisac vibrent au son des flûtes traditionnelles, tandis que les femmes tissent des motifs ancestraux transmis de génération en génération.

Une étudiante en Bachelor Tourism Management à Excelia Tourism School a vécu cette richesse culturelle lors d'un séjour dans la Vallée Sacrée. Entre cours de tissage avec les artisanes locales et participation aux offrandes à la Pachamama, elle découvre un mode de vie préservé où chaque geste raconte une histoire.

Dans les villages reculés de l'Altiplano, les familles accueillent les visiteurs pour partager leur quotidien : récolte de quinoa, préparation de la chicha, célébrations traditionnelles. Ces rencontres révèlent un Pérou où l'authenticité n'est pas une mise en scène, mais une réalité vivante.


La Croatie entre mer et traditions

Le soleil se couche sur les remparts de Dubrovnik, baignant la pierre calcaire dans une lumière dorée. Les ruelles résonnent des conversations animées des habitants qui partagent leur soirée sur les terrasses. Maxime, en semestre d'échange avec Excelia, a choisi de s'installer dans une pension familiale plutôt qu'en résidence étudiante.

Dans la cuisine parfumée de romarin, sa logeuse lui apprend à préparer la peka, ce plat traditionnel cuit sous une cloche de fonte. "Chaque geste raconte une histoire, chaque saveur évoque un paysage", confie-t-il. Entre cours à l'université et soirées improvisées avec ses voisins, il découvre une Croatie loin des circuits touristiques.

Sur l'île de Hvar, les oliviers centenaires côtoient les vignes escarpées. Les pêcheurs proposent aux visiteurs de les accompagner en mer, partageant leur connaissance intime de l'Adriatique. Cette immersion dans le quotidien croate révèle un pays où modernité et traditions s'entremêlent naturellement.


Madagascar : entre nature et communautés locales

Sarah découvre une nouvelle facette du tourisme durable lors de sa mission Humacité© dans un village malgache. À ses côtés, des artisanes perpétuent l'art ancestral du raphia, transformant ces fibres naturelles en créations uniques. Cette étudiante en Bachelor Tourism Management apprend bien plus que des techniques de tissage - elle s'imprègne d'une vision du monde où artisanat et préservation environnementale sont indissociables.

Dans la région d'Andasibe, les communautés locales réinventent l'écotourisme. Un guide naturaliste partage avec passion ses connaissances sur les lémuriens, tandis qu'une famille accueille les visiteurs pour un atelier de cuisine traditionnelle au feu de bois. Ces initiatives, soutenues par des projets comme Humacité©, créent des ponts entre préservation culturelle et développement local.


Se former aux métiers du tourisme immersif

Les compétences clés pour concevoir des voyages authentiques

La conception d'expériences authentiques nécessite un savant mélange de compétences techniques et humaines. La maîtrise des outils numériques s'associe à une profonde connaissance des cultures locales, développée notamment à travers les missions Humacité© et les stages à l'international.

L'intelligence émotionnelle et l'adaptabilité culturelle deviennent des atouts majeurs, cultivés pendant les formations en management du tourisme. Les étudiants apprennent à créer des ponts entre traditions ancestrales et attentes contemporaines, tout en respectant l'authenticité des communautés d'accueil.

La gestion de projet et le design d'expérience s'enrichissent d'une sensibilité accrue aux enjeux du tourisme durable. Une approche équilibrée qui permet de concevoir des voyages transformateurs, tant pour les visiteurs que pour les territoires.

Marie-Noëlle Rimaud : Une pionnière du tourisme durable en région polaire

Marie-Noëlle Rimaud : Une pionnière du tourisme durable en région polaire

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tourisme durable en région polaire

Dans un monde où les régions polaires fascinent autant qu'elles inquiètent, les experts en tourisme durable jouent un rôle clé pour préserver ces écosystèmes uniques. Marie-Noëlle Rimaud, enseignante-chercheure à l'École de Tourisme Excelia, se distingue par ses recherches innovantes et son engagement dans ce domaine. Cet article explore son parcours, ses contributions et les enjeux du tourisme dans ces régions sensibles.

 

Qu’est-ce que le tourisme polaire ?

Le tourisme polaire désigne les activités touristiques pratiquées dans les régions polaires, comme l’Arctique et l’Antarctique. Ce type de tourisme attire les voyageurs en quête d’expériences immersives dans des paysages exceptionnels : banquises, fjords et faune unique, tels que les ours polaires et les baleines.

Cependant, ces zones sont aussi particulièrement fragiles. Les infrastructures touristiques sont limitées, et le moindre impact humain peut avoir des conséquences durables. C’est dans ce contexte que des experts comme Marie-Noëlle Rimaud interviennent pour concilier exploration et préservation.


Quel est l’impact du tourisme durable sur l’environnement ?

Le tourisme durable vise à minimiser l’impact environnemental tout en soutenant les communautés locales et en préservant les ressources naturelles. Dans les régions polaires, cela implique :

  • Limiter les émissions de carbone : Les voyages en bateau ou en avion pour atteindre ces zones sont énergivores. Les opérateurs adoptent des solutions plus respectueuses, comme les voiliers d’expédition.
  • Protéger les écosystèmes fragiles : La faune et la flore polaires sont très sensibles aux perturbations. Les règles strictes de visite, comme le respect des distances avec les animaux, sont essentielles.
  • Promouvoir les cultures locales : Un tourisme bien encadré valorise les communautés autochtones sans déformer leurs réalités culturelles.

Marie-Noëlle Rimaud s’intéresse particulièrement à ce dernier point. Elle plaide pour des initiatives qui permettent de "vendre" la culture inuit sans tomber dans la folklorisation ou l’appropriation culturelle.

Lire l'article Marie-Noëlle Rimaud, insulaire, polaire et pionnière | Polarjournal


Quel est l’impact du tourisme sur l’Arctique ?

Le tourisme dans l’Arctique est à double tranchant :

  • Les aspects positifs : Le tourisme peut sensibiliser les visiteurs à la nécessité de protéger ces régions. Il représente également une source de revenus pour les communautés locales, favorisant le développement économique.
  • Les aspects négatifs : Les flux touristiques peuvent engendrer des problèmes, tels que la pollution, l’érosion des sols ou la perturbation des habitats naturels. Par ailleurs, un tourisme mal encadré peut contribuer à la folklorisation des populations autochtones.

Marie-Noëlle Rimaud, dans ses recherches au Groenland, observe que certains récits touristiques mettent l’accent sur une vision passéiste des Inuits. Or, ces populations sont aujourd’hui modernes, souvent bilingues et bien intégrées dans les systèmes éducatifs danois.


RIMAUD Marie NoëlleMarie-Noëlle Rimaud et l'excellence d'Excelia

En tant qu’enseignante-chercheure à l’École de Tourisme d’Excelia, Marie-Noëlle Rimaud joue un rôle central dans la formation de futurs professionnels du tourisme. Elle sensibilise ses étudiants aux enjeux environnementaux et culturels, les préparant à adopter des pratiques responsables.
 

Une exploratrice de terrain au service du tourisme durable
 

Marie-Noëlle Rimaud illustre parfaitement l'engagement d'Excelia pour un tourisme durable et éthique. À travers ses recherches et son enseignement, elle invite à repenser le tourisme polaire comme une opportunité de préserver ces régions uniques tout en valorisant les cultures locales. 
  • Participation au projet Atka : En 2015, Marie-Noëlle Rimaud a rejoint le voilier d'expédition Atka pour une mission au Groenland. Ce projet visait à partager et découvrir les cultures et environnements polaires. Son implication a renforcé ses recherches sur le tourisme polaire et les interactions avec les communautés locales.

    Plus de détails

  • Recherches au Groenland depuis 2017 : Depuis 2017, elle mène des études approfondies sur le tourisme au Groenland, notamment à bord du voilier Atka. Ses travaux se concentrent sur la représentation des cultures locales et des paysages polaires par les opérateurs touristiques, mettant en lumière les défis du tourisme durable dans ces régions sensibles.

    En savoir plus

A lire d'autres ressources sur l'impact du tourisme en Arctique :

Rapport du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE)
Étude de l'Arctic Council sur le tourisme durable

Le rôle de l’innovation dans l’hôtellerie de plein air : répondre aux attentes des nouvelles générations

Le rôle de l’innovation dans l’hôtellerie de plein air : répondre aux attentes des nouvelles générations

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eco lodge excelia

L’hôtellerie de plein air, un secteur en plein essor depuis plusieurs décennies, continue de se réinventer pour répondre aux attentes des nouvelles générations. Ces dernières, plus exigeantes en matière d’expérience utilisateur, de confort, de digitalisation et de durabilité, poussent les acteurs du secteur à innover constamment. Qu’il s’agisse du développement de nouvelles infrastructures, de l’introduction des technologies modernes ou de l’adoption de pratiques écoresponsables, l'innovation dans l’hôtellerie de plein air devient indispensable pour satisfaire les jeunes voyageurs d'aujourd'hui.

Les attentes des nouvelles générations : le moteur de l’innovation

Les jeunes générations, en particulier les milléniaux et la génération Z, adoptent une approche différente du tourisme par rapport à leurs prédécesseurs. Plus connectés, plus soucieux de l'environnement et avides de nouvelles expériences, ils influencent fortement l'évolution de l'hôtellerie de plein air.

  • L’expérience avant tout : pour ces jeunes voyageurs, les vacances ne se résument pas à un simple séjour en plein air. Ils recherchent des expériences uniques, authentiques et personnalisées. Le camping traditionnel ne suffit plus ; les concepts comme le glamping (glamorous camping) et les hébergements insolites, tels que les cabanes perchées dans les arbres ou les tentes bulles, sont devenus des options très populaires.

  • Technologies et digitalisation : les jeunes générations sont hyperconnectées. Elles attendent des outils digitaux qui facilitent leur expérience avant, pendant et après le séjour. Cela va de la réservation en ligne intuitive, aux applications mobiles permettant de gérer tous les aspects de leur séjour, en passant par la connexion Wi-Fi gratuite et rapide sur les sites d’hôtellerie de plein air.

  • Écoresponsabilité : ces générations sont également très sensibles aux questions environnementales. Elles privilégient des hébergements qui adoptent des pratiques durables, comme la gestion efficace de l’énergie, le recyclage, ou encore l’utilisation de matériaux écoresponsables.

 

L’innovation dans les infrastructures d’hôtellerie de plein air

Pour répondre à ces nouvelles attentes, l’hôtellerie de plein air a dû s’adapter en innovant dans ses infrastructures.

 

Glamping et hébergements insolites : une réponse au besoin d’originalité

Le glamping, qui combine le confort d’un hôtel et l’expérience authentique de la nature, est un exemple d'innovation dans l’hôtellerie de plein air qui séduit particulièrement les jeunes générations. Les terrains de camping et les parcs d’hôtellerie de plein air investissent désormais dans des hébergements atypiques pour se démarquer de la concurrence et offrir aux clients des séjours mémorables.

Parmi les exemples d’hébergements innovants, on trouve :

  • Les tentes bulles qui permettent d’observer le ciel étoilé tout en bénéficiant d’un confort haut de gamme.
  • Les cabanes dans les arbres, offrant une immersion complète en pleine nature.
  • Les lodges de luxe, équipés de toutes les commodités modernes (spa, salle de bain privative, etc.), tout en étant installés au cœur de la nature.

Ces hébergements insolites, en plus de répondre aux attentes des jeunes en quête d’originalité, apportent une plus-value considérable aux sites d’hôtellerie de plein air.

 

Services premium et équipements de pointe

L’innovation passe également par l’amélioration des services et équipements proposés sur les sites d’hôtellerie de plein air. Les jeunes voyageurs attendent désormais un niveau de confort équivalent à celui des hôtels de standing. Pour répondre à cette demande, certains campings de plein air proposent :

  • Des piscines chauffées, des spas et des salles de sport en plein air.
  • Des restaurants gastronomiques et des bars tendance, souvent utilisant des produits locaux et biologiques pour s’aligner avec les attentes écoresponsables des jeunes générations.
  • Des espaces de coworking pour répondre aux besoins des nomades digitaux, ces travailleurs qui voyagent tout en continuant à exercer leur profession à distance.
  •  
ecolodge excelia tourism school

 

L'importance de la digitalisation dans l’hôtellerie de plein air

L’innovation dans l’hôtellerie de plein air passe également par la digitalisation. En effet, la technologie joue un rôle clé pour répondre aux attentes des nouvelles générations, qui utilisent quotidiennement leur smartphone pour organiser et gérer tous les aspects de leur vie, y compris leurs voyages.

 

Réservation en ligne et expérience client optimisée

La première étape du parcours client se fait généralement en ligne. Les jeunes voyageurs s'attendent à une expérience de réservation simple et rapide, avec la possibilité de personnaliser leur séjour. Pour répondre à cette demande, de nombreux acteurs de l’hôtellerie de plein air se tournent vers des plateformes de réservation innovantes, proposant :

  • Des systèmes de réservation en ligne fluides avec la possibilité de visualiser les hébergements disponibles en temps réel.
  • Des options de personnalisation permettant de choisir des services complémentaires, comme la location de vélos, des excursions ou des paniers repas bio.
  • Des avis clients détaillés pour garantir une transparence totale sur l'expérience attendue.

 

Applications mobiles et automatisation des services

Une fois sur place, les jeunes générations souhaitent utiliser leurs smartphones pour gérer leur séjour de manière autonome. Les applications mobiles dédiées à l’hôtellerie de plein air permettent par exemple de :glamping excelia tourism school

  • Gérer les services et les réservations en temps réel, comme la réservation d'une activité ou l'extension du séjour.
  • Accéder à des informations pratiques, telles que les horaires des installations ou les recommandations locales.
  • Interagir avec le personnel via un chat en ligne pour répondre aux questions ou demandes spécifiques.
De plus, certaines innovations vont plus loin en proposant des services entièrement automatisés comme le check-in/check-out digitalisé, sans passer par une réception, ou encore des bracelets connectés permettant d'accéder aux installations du site.

 

La durabilité au cœur de l’innovation en hôtellerie de plein air

Pour les jeunes générations, l’écologie est une priorité. L'innovation dans l’hôtellerie de plein air doit donc aussi passer par l’adoption de pratiques durables.

Hébergements écologiques

De nombreux établissements se tournent vers la construction d’hébergements utilisant des matériaux écoresponsables, comme le bois certifié ou des structures conçues pour minimiser l'impact environnemental. Par ailleurs, certaines installations intègrent des systèmes de gestion de l'énergie verte, tels que les panneaux solaires, pour fournir de l’électricité de manière durable.

Réduction des déchets et gestion de l’eau

D'autres innovations visent à réduire les déchets et à améliorer la gestion des ressources, un aspect particulièrement important pour les jeunes soucieux de leur empreinte écologique. Parmi les initiatives les plus répandues :

  • La réduction de l’utilisation des plastiques : plusieurs sites d’hôtellerie de plein air mettent en place des politiques zéro plastique, proposant par exemple des alternatives réutilisables pour la vaisselle ou des gourdes à la place des bouteilles en plastique.
  • La récupération et la gestion de l’eau : certains campings utilisent des systèmes de récupération des eaux de pluie pour irriguer les espaces verts ou nettoyer les installations, réduisant ainsi leur consommation d’eau potable.

 

L’innovation dans l’hôtellerie de plein air est désormais une nécessité pour répondre aux attentes des nouvelles générations, qui recherchent des expériences uniques, connectées et respectueuses de l’environnement. En investissant dans des infrastructures modernes, des hébergements insolites, la digitalisation des services et des pratiques écoresponsables, l’hôtellerie de plein air s'adapte aux nouvelles tendances du marché. Pour les jeunes voyageurs, ce secteur devient ainsi un terrain d’exploration aussi bien en matière d’expériences qu’en termes de valeurs partagées. Quant aux professionnels du secteur, l’innovation continue est la clé pour rester compétitif dans un marché en constante évolution.

 

En savoir + sur le MSc Destinations et Hôtellerie de Plein air 

Les métiers émergents du tourisme durable : opportunités et perspectives

Les métiers émergents du tourisme durable : opportunités et perspectives

le
étudiants en randonnée

Le développement durable est devenu un enjeu majeur dans tous les secteurs d’activité, y compris le tourisme. De nouvelles carrières émergent, offrant des opportunités passionnantes pour les jeunes de 16 à 25 ans. 

 

Le développement durable dans le tourisme : un secteur en plein essor

Le tourisme durable est une approche qui vise à minimiser l’impact environnemental du tourisme tout en maximisant les bénéfices sociaux et économiques. Il s’agit d’un secteur en plein essor, avec de nombreuses initiatives réussies à travers le monde. Par exemple, certaines destinations touristiques ont mis en place des programmes de conservation de la faune et de la flore, tandis que d’autres ont développé des infrastructures respectueuses de l’environnement.

En 2023, 69% touristes envisagent de voyager de manière durable*. Cette tendance est particulièrement marquée chez les jeunes de 18 à 24 ans, avec 36% se déclarant très concernés par le tourisme durable**.

Cette tendance de tourisme plus responsable offre également des opportunités économiques significatives. En 2023, l’industrie touristique a généré un total de 58 milliards d’euros de recettes, un record en France***. De plus, le gouvernement français a alloué 50 millions d’euros au Fonds Tourisme Durable, dans le cadre du plan France Relance**. Ces aides, gérées par l’Ademe, soutiennent la transformation de la filière autour de trois volets : restauration, hébergements et slow tourisme.

Le tourisme durable est donc un secteur en plein essor offrant de nombreuses opportunités, tant sur le plan environnemental qu’économique. Avec une prise de conscience croissante des enjeux environnementaux et sociaux, le tourisme durable est appelé à jouer un rôle de plus en plus important dans l’industrie touristique.

 

Les nouvelles carrières du tourisme durable

Il existe de nombreux métiers dans le secteur du tourisme durable. Voici quelques-uns des plus en vogue :

  • Chargé de mission développement du tourisme local 

Il travaille à la promotion et à la valorisation du tourisme local. Il peut s’agir de développer des circuits touristiques respectueux de l’environnement ou de promouvoir des hébergements écologiques.

  • Responsable de projets de développement touristique 

Il est en charge de la mise en œuvre de projets visant à développer le tourisme dans une région donnée. Il peut s’agir de projets de restauration de sites historiques, de création de parcs naturels ou de développement de nouvelles activités touristiques.

  • Chef de produit

Il conçoit et commercialise des offres de voyage. Dans le cadre du tourisme durable, il peut s’agir de voyages axés sur la découverte de la nature ou de la culture locale, avec un impact minimal sur l’environnement.

  • Consultant en tourisme 

Il conseille les entreprises et les institutions sur leurs stratégies touristiques. Il peut s’agir de les aider à développer des offres de tourisme durable ou à améliorer leur impact environnemental.

  • Responsable de l’éco-conception dans l’hôtellerie 

Il  est chargé de concevoir et de mettre en œuvre des pratiques durables dans les hôtels, comme l’utilisation d’énergies renouvelables, la réduction des déchets, ou l’approvisionnement en produits locaux.

  • Chargé de communication en tourisme durable 

Il travaille sur la promotion et la communication autour des initiatives de tourisme durable dans différentes structures telles que les collectivités locales, les parcs naturels, les comités régionaux, etc.

 

Comment se former aux métiers du tourisme durable ?

Il existe de nombreuses formations pour se préparer aux métiers du tourisme durable. Certaines écoles proposent des cursus spécifiques, tandis que d’autres offrent des modules de formation continue. Il est également possible de se former sur le terrain, en participant à des stages ou des missions de volontariat.

Pour aspirer à une telle carrière, Excelia Tourism School se présente comme un choix de premier plan grâce à ses programmes spécialisés conçus pour répondre aux besoins de ce secteur dynamique. À Excelia, les étudiants peuvent s'engager dans des parcours éducatifs qui vont bien au-delà des fondements théoriques, en s'immergeant dans des expériences pratiques enrichissantes qui préparent au mieux à la réalité du terrain.

L'école de Tourisme d'Excelia propose un éventail de formations adaptées aux ambitions de chacun dans le domaine du tourisme, de la RSE et du Développement Durable. Le Bachelor et les Masters of Science spécialisés en Hospitality et Destinations sont des diplômes reconnus et spécifiquement orientés en management du tourisme durable. Ces cursus sont pensés pour doter les étudiants des compétences professionnelles et des certifications nécessaires pour exceller dans ce secteur.

 

Le tourisme durable offre de nombreuses opportunités de carrière pour les jeunes de 16 à 25 ans. Que vous soyez intéressé par la promotion du tourisme local, la gestion de projets touristiques, la conception de voyages ou le conseil en tourisme, il existe un métier qui correspond à vos aspirations. Alors, pourquoi ne pas vous lancer dans cette aventure passionnante ?

 

Bibliographie

*https://www.avantio.com/fr/blog/statistiques-tourisme-durable/ 

**https://demain.ladn.eu/secteurs/tourisme/6-chiffres-pour-comprendre-la-realite-du-tourisme-durable/

***https://www.unwto.org/fr/unwto-tourism-dashboard

 

 

Le Tourisme Solidaire : un levier pour le développement économique et social des communautés locales

Le Tourisme Solidaire : un levier pour le développement économique et social des communautés locales

le
tourisme solidaire excelia

 

Le tourisme ne se limite pas à la simple découverte de paysages pittoresques ou de sites historiques. Il peut aussi être un moteur puissant de développement économique et social pour les communautés locales qui accueillent les voyageurs. Le tourisme solidaire, également appelé tourisme responsable ou tourisme équitable, se présente comme une approche qui vise à créer un impact positif et durable sur les populations locales tout en offrant aux voyageurs une expérience enrichissante et authentique

 

Compréhension du Tourisme Solidaire

Le tourisme solidaire repose sur le principe fondamental de minimiser les impacts négatifs du tourisme traditionnel, tels que la surconsommation des ressources naturelles, la dégradation culturelle et environnementale, ainsi que l'exclusion économique des populations locales. Au lieu de cela, il met l'accent sur le respect des cultures locales, le soutien aux entreprises et initiatives locales, ainsi que la création d'opportunités économiques durables pour les résidents.

 

soutien entreprises locales tourisme exceliaChoix Éclairés des Voyageurs

L'un des moyens les plus importants par lesquels les voyageurs peuvent contribuer au développement économique et social des communautés locales est par le choix conscient de leurs activités et de leurs dépenses. Plutôt que d'opter pour des chaînes hôtelières internationales, les voyageurs peuvent rechercher des hébergements gérés localement, tels que des chambres d'hôtes, des auberges communautaires ou des éco-lodges. Ces options non seulement offrent une expérience plus authentique, mais également soutiennent directement les habitants.

 

Création d'Emplois Locaux

Le tourisme solidaire crée des opportunités d'emploi locales, notamment dans les domaines de l'hébergement, de la restauration, des guides touristiques et de l'artisanat. Ces emplois permettent aux communautés locales de générer des revenus stables et de réduire leur dépendance à l'égard de l'assistance sociale ou de l'émigration pour trouver du travail. De plus, ces revenus peuvent être utilisés pour améliorer l'accès aux soins de santé, à l'éducation et à d'autres services essentiels afin de lutter contre la pauvreté.

 

Soutien aux Initiatives Locales

Les voyageurs peuvent peuvent aussi participer à des activités et à des excursions proposées par des entreprises locales. Que ce soit des visites guidées menées par des habitants, des ateliers artisanaux, des cours de cuisine traditionnelle ou des projets de préservation environnementale, ces expériences permettent aux voyageurs de s'engager directement avec la communauté et de participer à son développement.

 

Consommation Responsable

Les achats de souvenirs et de produits locaux ont un impact significatif sur l'économie locale. En privilégiant l'achat de produits artisanaux et de souvenirs fabriqués localement, les voyageurs soutiennent les artisans et les petites entreprises. Cette démarche favorise la transmission des savoirs traditionnels et la préservation de la culture locale, tout en générant des revenus pour les habitants.

 

hébergement durable tourisme Engagement dans des Projets de Développement

Certaines destinations touristiques offrent aux voyageurs l'opportunité de s'engager dans des projets de développement locaux, tels que la construction d'écoles, la rénovation d'infrastructures communautaires ou la participation à des programmes de soutien social. Ces actions permettent aux voyageurs de s'impliquer directement dans l'amélioration des conditions de vie des populations locales.

 

Respect de l'Environnement

Le tourisme solidaire englobe également la préservation de l'environnement. Les voyageurs peuvent réduire leur empreinte écologique en adoptant des pratiques respectueuses de l'environnement, telles que la gestion responsable des déchets, la conservation de l'eau et l'utilisation de moyens de transport durables.

 

Échange Culturel et Sensibilisation

Cette forme tourisme responsable favorise également l'échange culturel et la sensibilisation mutuelle entre les voyageurs et les communautés locales. En apprenant des uns et des autres, les voyageurs peuvent développer une meilleure compréhension des enjeux locaux, ce qui peut également les encourager à partager leurs expériences avec leur propre communauté une fois de retour chez eux.

 

Le tourisme solidaire offre une perspective nouvelle et enrichissante sur la manière dont les voyageurs peuvent contribuer au développement économique et social des communautés locales. En faisant des choix conscients, en soutenant les initiatives locales et en adoptant des pratiques responsables, les voyageurs peuvent jouer un rôle crucial dans la promotion d'un tourisme durable et équitable. Ce faisant, ils contribuent non seulement à l'amélioration des conditions de vie des populations locales, mais aussi à la préservation des cultures, des traditions et des environnements uniques qui font de chaque destination un joyau à préserver.

Apprendre en pédalant : Genèse de l'itinérance

Apprendre en pédalant : Genèse de l'itinérance

Charlotte Rotureau, étudiante à Excelia le
cours itinérance tourisme

Trois jours, 130 km à vélo pour explorer d'autres manières de voir le tourisme en région Centre-Val de Loire.

Charlotte Rotureau ExceliaApprendre en pédalant ? Je l'ai fait ! Je m’appelle Charlotte Rotureau et après un début de carrière dans l’événementiel sportif à l’international, j’ai vécu une transformation profonde de ma manière de voir et d’être avec le monde. Ceci a été possible entre autre par le fait de partir en itinérance pendant 3 mois pour vivre :

1/ aux antipodes de ma vie d’avant à savoir, en vélo, alors que je prenais l’avion toutes les semaines

2/ à mon propre rythme, alors que je vivais au rythme de 8 événements par an

3/ sans contrainte, alors qu’avant j’avais une to do list comme compagnon de vie

Le deuxième élément qui m’a permis cette transformation, c’est l’apprentissage par moi-même en lisant et échangeant avec d’autres personnes ainsi qu’en reprenant une formation pour penser l’après-tourisme, c’est-à-dire la fin d’un modèle qui ne fait plus sens face aux défis auxquels notre société doit faire face (enjeux écologiques sociaux, sanitaires, climatiques, géopolitiques, énergétiques etc.).

En créant mon activité en mai 2020, pour accompagner des organisations sportives, culturelles et touristiques à faire face aux défis de notre temps, j’avais aussi envie de donner des cours pour transmettre et imaginer avec des étudiants à quoi pourraient bien ressembler ces 3 secteurs dans 10-15 ans.

C’est avec cette volonté que j’ai proposé à l’équipe pédagogique de d'Excelia Tourism School d’emmener des étudiants vivre une itinérance de 4 jours à vélo pour expérimenter ce qu’on appelle le « slow tourisme » en liant 3 éléments fondamentaux pour moi à savoir :

  • Le coeur : en se connectant à ses émotions, à ce qui nous fait vibrer (ou pas) et en vivant avec 20 personnes pendant 4 jours;
  • L’esprit : en découvrant des projets qui prennent en compte les enjeux écologiques et sociaux, en rencontrant les gens qui proposent d’autres manières de voir le tourisme;
  • Le corps : en étant son propre moteur pour se déplacer et en découvrant ses capacités physiques.

Grâce au soutien de Marie-Noëlle Rimaud, Marie Connac, Pascal Capellari et toute l’équipe pédagogique, ce projet a pu voir le jour en juin 2022 avec un groupe de 20 étudiants internationaux en 2ème année du Bachelor Management du Tourisme et de l’Hôtellerie (parcours Tourism Management et Hotel Management).

 

Organisation de l’itinérance

Pour comprendre ce qu’est le cyclotourisme, le slow tourism et toutes ces autres manières de voyager différemment, il n’y a pas 36 solutions, il faut le VIVRE dans son corps, dans ses tripes !
Le vivre ça veut dire :

  • rouler plusieurs dizaines de kilomètres par jour (quasiment 130 km sur 4 jours),
  • parler avec des personnes qui font un pas de côté et expérimentent d’autres manières de faire,
  • s’organiser pour vivre en collectivité pendant 4 jours dans des conditions parfois inconfortables (la pluie, le vent, le manque de sommeil, la fatigue etc.).

En avril 2022, quand j’ai rencontré les étudiants pour la première fois et que je leur ai parlé de cette itinérance, je dois vous avouer que je n’en menais pas large, surtout quand, sur leurs visages, je pouvais lire leurs peurs et leurs craintes. Au fond de moi, j‘étais intimement convaincue que vivre à vélo pendant 4 jours était la meilleure manière de sortir des préjugés comme « je n’y arriverai jamais », « on va s’embêter à vélo », « je ne suis pas intéressé par ces sujets ».
Pour construire cette itinérance, j’avais dès le début indiqué ma volonté de la co-construire avec les étudiants, c’est-à-dire de leur permettre d’être acteurs de ce voyage apprenant. Leur donner un rôle était aussi l’occasion pour eux d’appréhender les contraintes de ce type de voyage et de prendre la mesure de ce que nous allions vivre.

Nous n’avions que deux mois pour monter cette expédition, il m’a donc fallu commencer seule la préparation en définissant l’itinéraire pour repérer les hébergements et une partie des personnes à rencontrer.
Nous avons eu 9 heures de cours en présentiel et à distance pour préparer cette itinérance, et je dois le redire la motivation du groupe n’était pas très forte, seuls 3-4 étudiants se sont montrés très impliqués, et heureusement.
Lors de la première séance de cours, j’ai présenté le projet, l’itinéraire et l’état d’avancement des démarches que j’avais initiées. On a listé ensemble les besoins à couvrir pour mener à bien cette aventure. De cet atelier, 4 groupes d’actions sont nés :

  • Coordination générale;
  • Logistique vélo;
  • Hébergements et restauration;
  • Communication et visite.

Au fur et à mesure des séances, l’engouement s’est petit à petit développé, les étudiants se sont emparés des thématiques et ont contribué à la réalisation du séjour. Après plusieurs semaines de préparation, on s’est retrouvé mardi 7 juin 2022 pour vivre 4 jours sur les Bords de Loire avec comme itinéraire Blois - Chambord - Amboise et Tours. Un périple incroyable autant pour eux que pour moi…

étudiants vélo Excelia Tourism

 

Retour d’expériences

Je vous propose un retour sur les apprentissages de ce projet un peu hors norme.

Ingrédients clés de cette démarche

La co-construction : certes ce n’était pas évident avec seulement 2 mois de préparation et un niveau de motivation fluctuant, mais ça a permis aux étudiants qui se sont investis de prendre la mesure de l’organisation d’un tel séjour. Ils ont également tissé des liens avec des partenaires/prestataires et ont dû travailler en équipe pour mener à bien leurs missions. C’est aussi une manière de les rendre co-responsables de la bonne organisation du séjour et donc, leur donner un rôle autre que consommateur d’une sortie pédagogique.

La préparation en amont : il m’a fallu quelques heures de travail pour poser l’itinéraire, identifier les lieux de passage, contacter les intervenants sur la route. Ce travail est essentiel et nécessaire pour faire de cette itinérance un temps apprenant, notamment via la rencontre de professionnels du secteur touristique.
Le choix d’un territoire accessible : commencer par la Loire à Vélo c’est un choix symbolique avec les campus de Tours et d’Orléans, mais c’est aussi pour des raisons pratiques. Le cyclotourisme étant très développé, le territoire bénéficie d’infrastructures de très bonne qualité, les prestataires sont nombreux et habitués à travailler avec des groupes de cyclistes. La possibilité de trouver une gare tous les 15 km est également un élément rassurant en cas de coup dur, on peut toujours retourner dans une grande ville rapidement.
La puissance de l’expérience par les mollets : je crois que c’est l’enseignement le plus fort pour les étudiants et moi-même, c’est l’expérimentation par le faire. De nombreux étudiants ont vécu une expérience hors de toute zone connue et la connexion au moteur physique a été un excellent moyen pour eux de découvrir des capacités insoupçonnées. Traverser un paysage à vélo c’est également accepter le temps long, le vide, la difficulté, des choses auxquelles ils ne sont pas forcément habitués.
Un projet collectif : Que ce soit lors de la préparation ou durant l’itinérance je n’ai jamais été seule. En amont, toute l’équipe pédagogique était là pour m’épauler, une aide très précieuse (merci Marie, Marie-Noëlle, Victoria, Audrey, Armelle et Frédérique). J’ai également eu le soutien d’Alexandra Baud pour la partie pédagogique et Guillaume de St Louvent pour son retour d’expériences sur les randonnées pédagogiques. Ces apports m’ont permis de construire un parcours pédagogique adapté au contexte de cette première itinérance.

Durant les 4 jours à vélo, deux super encadrants se sont relayés pour m’aider à encadrer le groupe. Maxime Trève community manager pour Excelia qui a (entre autre) joué le rôle de reporter photos et vidéos et puis, sur la deuxième partie Sébastien Osorio, ancien étudiant en tourisme, fondateur de First Step, nous a apporté son enthousiasme.
Je tenais à remercier tous les contributeurs de ce projet, sans eux rien n’aurait été possible !

 

Les points d’amélioration

Comme toute première, cette itinérance a eu des loupés, je vous partage les points d’amélioration pour la suite.
La contextualisation : en amont de l’itinérance, j’ai sous-estimé le temps de cours, ce qui ne m’a pas permis de donner assez de contenu théorique aux étudiants. Ils sont partis sur cette itinérance sans connaissance des enjeux du tourisme à vélo ce qui a fait défaut lors de certaines rencontres avec les professionnels. Pour la prochaine édition de l’itinérance, qui se déroulera en juin 2023, il est d’ores et déjà prévu d’avoir plus d’heures de cours, pour permettre aux étudiants de mieux comprendre ce pan du tourisme qui ne fait que s’accroître.
L’entraînement à vélo : j’avais surestimé la capacité physique des étudiants en me disant qu’ils étaient dans la force de l’âge et que 150 km ça allait se faire sans encombre. Quelques jours avant le départ, j’ai décidé avec l’accord de l’équipe pédagogique de réduire le nombre de kilomètres car peu d’étudiants pratiquaient le vélo régulièrement. Une sortie à vélo collective aurait été une étape nécessaire dans la préparation, pour permettre aux étudiants de se préparer physiquement ou du moins de se rendre compte de l’effort qu’ils allaient devoir fournir. Initialement, il ne devait pas y avoir de vélos à assistance électrique, mais à la fin du 1er jour deux étudiantes étaient en difficulté, on a fait le choix collectivement (avec les étudiants) d’intervertir deux vélos pour permettre à ces deux jeunes femmes de rester dans le peloton.

Vivement juin 2023 !

 

Face à la jungle des labels tourisme durable, comment le consommateur s’informe-t-il ?

Face à la jungle des labels tourisme durable, comment le consommateur s’informe-t-il ?

Luc Béal, Enseignant-Chercheur à Excelia le
tourisme et développement durable excelia

On compte dans le secteur du tourisme quelques 300 labels, comment s'y retrouver ?

Tourisme et développement durable : Face à la jungle des labels tourisme durable, comment le consommateur s’informe-t-il ?

 

étiquettes de la jungleSelon le cabinet Kantar, on compte dans le secteur du tourisme quelques 300 labels (Charentes Tourisme, 2021), dans un secteur morcelé à l’extrême (18 000 hôtels, plus de 600 000 ‘Airbnb’, etc.) et fortement intermédié par des plateformes de distribution.

Imaginez quelqu’un souhaitant acheter un service respectueux de l'environnement. Il rencontrera les plus grandes difficultés à connaître de façon sûre les effets de ce service sur l’environnement, ou encore dans quelle mesure il a été produit avec le souci de le préserver. Avant d’effectivement consommer le service (un repas, une nuit dans un ‘Airbnb’, etc.), il est en effet bien incapable d’apprécier le caractère vertueux de son mode de production (d’où viennent les meubles de cet appartement loué sur l’Ile de Ré, les carottes utilisées par ce restaurant proviennent-elles d’une exploitation artisanale de proximité ou plutôt du rayon surgelés d’une enseigne de vente en gros, etc. ?).

Et si le restaurateur ou l’hôtelier le garantit, peut-on le croire sur parole ? Les éco-labels sont un moyen de limiter cette asymétrie d’information où un tiers indépendant (l’émetteur du label) garantit au consommateur que le producteur se conforme effectivement à des normes et standards transparents, publics et respectueux de l’environnement. On peut dire qu’un éco-label est un instrument informationnel d’auto-régulation (Karl & Orwat, 1999)[1].      

Les étiquettes « énergie » (lettres de A à G) permettent, quant à elles, aux consommateurs de comparer les consommations énergétiques annuelles d’équipements (électro-ménagers, etc.). 

L’étiquetage environnemental est ainsi un instrument informant sur une mesure globale d’impact, rendant compte d’une analyse complète des impacts sur le changement climatique via les émissions de gaz à effet de serre et à chaque étape de la vie du produit (de l’extraction des matières premières nécessaires à sa fin de vie). On parle ainsi d’une étiquette reposant sur des analyses en cycle de vie (ACV). Pour une entreprise (un hôtel par exemple), l’obtention d’une étiquette environnementale nécessite un processus de certification indépendant et coûteux, parce que supposant une analyse globale en cycle de vie des produits. Dans la pratique toutefois, on assiste plutôt à une prolifération de labels, variant selon leur fiabilité, le niveau d’exigence des standards et les garanties de conformité des entreprises (Van Amstel-Van Saane & al., 2006)[3]. Une dernière catégorie d’information environnementale relèvera plutôt d’auto-déclarations et ne porte que sur une caractéristique environnementale du produit ou ne concerne qu’une seule étape du cycle de vie du produit. Les informations autodéclarées couvrent selon les cas aussi bien de véritables avantages environnementaux que des déclarations vagues et imprécises, voire mensongères (François-Lecompte & Gentric, 2016)[4].

 

Systèmes de recommandation : acceptabilité par les consommateurs et les producteurs

En matière d’alimentation, le nutri-score est un instrument informationnel d’étiquetage nutritionnel, consistant en une recommandation permettant au consommateur de choisir des produits plus sains d'un point de vue nutritionnel. Comme tout système de recommandation, il repose sur la collecte, l’organisation et l’évaluation d’une grande quantité de données, et influence la prise de décision de son utilisateur (achat, etc.). Un système de recommandation s’inscrit dans un environnement multi-acteurs, dont chacun retire une utilité différente … ainsi, un industriel de l’alimentaire peut se voir incité à proposer des produits pour lesquels il sait que la demande est importante parce qu’exemplaire en termes de nutri-score.

Un système de recommandation (figure ci-dessous) est ainsi alimenté par des fournisseurs d’information (industriel, utilisateur[5], propriétaire d’un logement Airbnb, etc.) ayant un intérêt à rendre un produit ou service visible. Après compilation et analyse, ces informations deviennent des recommandations attendues par des utilisateurs souhaitant orienter leurs choix. A l’échelle sociétale, des effets sont également perceptibles : changements dans les modes de production et de consommation, santé publique, impacts environnementaux, etc.

tourisme

 

Les systèmes de recommandation exposent toutefois fournisseurs et utilisateurs à un certain nombre de risques : inexactitude des recommandations, discrimination vis à vis d’un produit, prestataire ou marque (voir par exemple Yuka et le jambon rose), non-respect de la confidentialité. Enfin, les systèmes de recommandation et les algorithmes qui les animent sont potentiellement sources de biais (voir par exemple le cas des algorithmes de Facebook).

L’acceptabilité et la confiance en un système de recommandation (Karpati et al., 2020)[7] dépend finalement de la transparence du processus de recommandation (dois-je acheter un produit alimentaire  noté « A » au nutri-score alors qu’il vient de l’autre bout de la planète ?), du maintien d’un équilibre entre précision de l’information collectée et confidentialité (RGPD…), et enfin dans l’équité de la démarche (publicité sur les critères d’évaluation et de recommandation, bases de données tenues à jour, etc.).            

 

Besoin d’information environnementale transparente et rôle des plateformes

Une récente enquête auprès de plus de 600 voyageurs menée par Excelia (Laurent Bougras & Nathalie Montargot), en partenariat avec la communauté d’agglomération de La Rochelle et Charentes Tourisme établit qu’une forte majorité des voyageurs aspire à disposer d’informations sur l’impact environnemental des hébergements… peut-on dire pour autant que ces informations sont accessibles au moment de la planification du voyage ? On peut en douter. Dans sa recherche d’informations avant l’achat en effet, le consommateur se livre à une forme d’arbitrage entre le coût de la recherche (temps, effort) et ses bénéfices attendus (meilleur produit ou service, meilleur prix). Il a également été établi que la quantité d’information proposée au moment de la prise de décision peut produire une impression de pression temporelle en restreignant la quantité perçue du temps à disposition pour faire un choix (Davidson, 1989[8]). La pression temporelle incite donc l’acheteur à modifier sa démarche de recherche d’informations sur différents attributs de l’offre, et à donner une importance primordiale à l’attribut prix, de la chambre d’hôtel par exemple (Lallement et Zollinger, 2013)[9]. On constate ainsi que les stratégies des distributeurs (Booking.com, Airbnb, etc.) consistent à rendre saillante l’information prix lors de l’affichage des résultats de recherche d’hébergement, tout en incitant les hébergeurs à afficher des prix bas par la production de biais d’intermédiation (Béal, 2021, p79)[10]. Si pour l’heure les informations d’impact environnemental des hébergements ne semblent pas déterminantes dans la stratégie de recommandation des principaux acteurs de la distribution, rendront-elles compte le jour venu de véritables efforts environnementaux de la part des prestataires (hôtel, etc.) ?

 

L’hébergeur, acteur clé du dispositif de recommandation environnementale

Quel dispositif de recommandation imaginer pour un service touristique (et en particulier un hébergement), qui à la fois informe sans biais le voyageur sur les options les plus vertueuses en matière environnementale, et soit incitatif pour les propriétaires d’hébergement, les invitant à adapter le service proposé dans le sens d’un impact environnemental minimisé ? Le protocole sur les gaz à effet de serre[11] distingue entre le scope 1 qui correspond aux émissions directes de ressources possédées ou contrôlées par l’entreprise (hôtel, appartement ou maison mis à la location), le scope 2 qui englobe les émissions indirectes induites par l'achat ou la production d’électricité et le scope 3 qui recouvre les autres émissions indirectes de l’ensemble de la chaîne logistique amont (déplacement du voyageur pour arriver à destination) et aval (activités du voyageurs à destination, services et intrants nécessaires à la prestation du service d’hébergement : conciergerie, blanchisserie, etc.). Ce dernier scope englobe généralement la part la plus importante des émissions résultant d’une activité. Dans le cas d’une prestation d’hébergement, le propriétaire a donc la possibilité d’agir sur les scopes 1 et 2 mais également, en exerçant son rôle d’acheteur (quels prestataires je sollicite pour la maintenance de mon hébergement) et de prescripteur vis-à-vis du voyageur, autant avant qu’après l’arrivée à destination (Moore, 2012[12]). Le dispositif d’incitation du système de recommandation doit donc permettre de gratifier – par un meilleur score – l’hébergeur engagé non seulement dans des améliorations relatives aux scopes 1 et 2 de son impact, mais également actif dans la recommandation vis-à-vis de son client voyageur de prestataires engagés dans la réduction des GES, tant en amont de l’arrivée à destination (moyen de transport utilisé pour se rendre à destination ?) qu’en aval (restaurant choisi, modes de déplacement à destination, activités choisies ?).

 

Le propriétaire d’un hébergement touristique engagé dans la réduction de sa propre empreinte environnementale (au titre des scopes 1 et 2), verrait ainsi son score environnemental bonifié en recommandant à ses hôtes tel restaurant fonctionnant en circuit court, ou telle agence réceptive utilisant des mobilités douces, etc. Progressivement, au sein d’une destination touristique, le cercle vertueux des recommandations s’amplifie sous l’effet d’un tel dispositif d’incitation. Pour l’acteur en charge de la gestion de la destination touristique (communauté d’agglomération, office de tourisme…), la possibilité d’agréger à l’échelle d’un territoire une mesure de l’impact environnemental, et surtout de cartographier un réseau de passeurs interconnectés par une telle chaîne de recommandations, constitue un enjeu majeur pour la conduite d’une action publique en tourisme et au-delà : pluri-hospitalités (Wanner P., 2022[13]) visant notamment à faciliter l’accès au logement de travailleurs à l’année, de saisonniers, etc. Pour les territoires, la « chasse au carbone » pourrait ainsi représenter une opportunité de reprendre aux plateformes numériques la maîtrise des flux de passage sur leur destination… que ces passages soient éphémères ou non.

 

Face à cette prolifération de labels, auto-certifications, étiquettes, la réponse à construire collectivement serait un score carbone ouvert, pédagogique, renseigné par tous, propice à une économie circulaire, renforçant au sein des territoires les interdépendances entre les différentes partie-prenantes de l’hospitalité, hébergeurs, restaurateurs, artisans, habitants, etc.

Et ce que j’en pense vraiment …

Les données d’impact environnemental du tourisme et des hospitalités restent à consolider à tous les niveaux (les voyageurs, les socio-professionnels et leurs partenaires, territoires). Dans l’intérêt général, ces données ne peuvent être privatisées… elles sont au contraire un bien public, essentiel pour guider l’action individuelle et collective vers une accélération-massification de la transition énergétique.

 

Références

[1] Karl, H., & Orwat, C. (1999). Environmental labelling in Europe: European and national tasks. European Environment. 9(5), 212-220.

[2] “Dès 2023, les pires passoires thermiques interdites à la location”, Le Figaro, 13 Janvier 2021.

[3] Van Amstel-Van Saane, M., Driessen, P., & Glasbergen, P. (2006). Eco-labeling and information asymmetry: a comparison of five eco-labels in the Netherlands. Institutional Mechanisms for Industry Self-Regulation, Harvard, University, Boston, United States of America, 24.

[4] François-Lecompte, A., & Gentric, M. (2016). L’étiquetage environnemental des produits et services: enjeux et défis. Décisions Marketing, (1), 99-113.

[6] Milano, S., Taddeo, M., & Floridi, L. (2020). Recommender systems and their ethical challenges. Ai & Society, 35(4), 957-967.

[7] Karpati, D., Najjar, A., & Ambrossio, D. A. (2020). Ethics of Food Recommender Applications. In Proceedings of the AAAI/ACM Conference on AI, Ethics, and Society (pp. 313-319).

[8] Davidson, J. P. (1989). The Five Elements Of Our Time-Pressed Society, Management Quarterly.30-3.

[9] Lallement, J., & Zollinger, M. (2013). «Vite et à tout prix?» Ou l'importance du prix pour le consommateur pressé. Décisions Marketing, 11-24.

[10] Béal, L. (2021). Observation touristique et souveraineté : une analyse économique de l’industrie ? Revue Espaces, Mai.

[11] Green House Gas Protocol : https://ghgprotocol.org/

[12] Moore, K., Smallman, C., Wilson, J. et Simmons, D. (2012). Prise de décision dynamique à destination : un modèle d'ajustement. Gestion du tourisme, 33(3), 635-645.

[13]  Wanner, P . (2022). « Tourisme social, économie collaborative et droits culturels : ethnographie d’une coopération complexe». Thèse de Doctorat, Université Paris Descartes (à paraître).

 

 

 

Balade sur le sentier du littoral

Balade sur le sentier du littoral

Jérôme PIRIOU, Professeur chez Excelia le
sentiers du littoral

"Balade sur le sentier du littoral" 

Le sentier du littoral est un circuit pédestre qui emprunte autant de voies publiques que de terrains privés et ne constitue pas une entité juridique en soi. Bien que le littoral de France ne concerne que 4 % du territoire national, ce milieu regroupe 36 % des résidences secondaires et 40 % des lits touristiques du pays et en fait un milieu privilégié par les visiteurs et les touristes avec 118 millions de nuits, soit 38,5 % des nuitées générées dans l’hexagone (chiffres de 2017)1 . Dans le Monde, les littoraux accueillent le plus grand nombre des touristes et comptent les lieux touristiques les plus imposants (Duhamel et Violier, 2009).

De ce fait, le littoral bénéficie d’un intérêt des chercheurs de multiples disciplines qui étudient le champ du tourisme et des loisirs depuis plus de 50 ans. Maintenir un équilibre entre une protection de l’espace naturel et le développement touristique de ce milieu littoral est un sujet qui préoccupe toujours de multiples acteurs, parmi eux : les élus, les associations, les entreprises, les habitants et même les touristes !

Par ailleurs, il nous a semblé essentiel que nos étudiants formés à La Rochelle dans des locaux situés à peine plus de 300 mètres de la côte et du sentier côtier prennent conscience des enjeux de ce « désir du rivage » (Corbin, 1988) sous le prisme d’un développement durable des territoires de façon générale et plus particulièrement à la lumière du contexte sanitaire actuel.

 

Comprendre l’organisation socio-spatiale des pratiques pédestres sur le sentier du littoral

Depuis 2016, une équipe de 18 chercheurs de plusieurs disciplines (histoire, sociologie, sciences de gestion, géographie, droit, sciences politiques, arts plastiques) et de plusieurs établissements d’enseignement supérieur (Université Rennes 2, Excelia, Université de Lausanne) travaille sur le programme de recherche IMTERPED (Impacts territoriaux des loisirs pédestres sur le littoral) financé par la Fondation de France2

Au sein d’Excelia, avec ma collègue Marie-Noëlle Rimaud, professeure-associée, nous sommes respectivement impliqués comme coordinateur et membre de l’axe « Impact politique des usages pédestres : gestion, aménagement et gouvernance des pratiques ». Parmi les terrains étudiés3, l’île de Ré a révélé plusieurs singularités tant par une co-présence dans le sens de Michel Lussault « rassemblement et agrégation en un même lieu de réalités sociales distinctes » (Lussault, 2003, p. 211) que par les usages qui révèlent de multiples intentions. Pour autant, sur l’île de Ré, comme pour les autres territoires analysés, des acteurs publics (notamment Conseils Régionaux, Conseils Départementaux et Conservatoire du littoral) sont à la manœuvre pour acquérir du foncier puis aménager et gérer les usages du rivage et en particulier du sentier du littoral.

Concernant la gestion, les maires ont récemment été mis à rude épreuve depuis le premier déconfinement en mai 2020. Par leurs pouvoirs de police et en tant que garants de la sûreté, de la sécurité et de la salubrité publique sur leurs communes, les maires ont dû agir en leur âme et conscience pour assurer un équilibre entre une liberté de circuler sur le sentier du littoral et restreindre ses accès afin de limiter la propagation du virus (Piriou et Rimaud, 2020). De plus, les établissements publics de coopération intercommunale ont vu s’accroître, depuis ces cinq dernières années, leurs compétences en aménagement, protection de l’environnement et développement touristique (Piriou, Rech, Clivaz, 2020). Les différents résultats de ce programme de recherche qui s’achève en 2021 sont valorisés dans plusieurs articles et un ouvrage collectif en cours de publication et dont les parutions interviendront à la fin de l’année 2021 ou début de l’année 2022.sentier littoral

 

Échanger avec les gestionnaires et financeurs d’espaces littoraux protégés

Dans le programme de recherche précité les chercheurs ont impliqué dans le comité de pilotage des acteurs socio-professionnels (Agence Française pour la Biodiversité, la Fédération Française de Randonnée Pédestre, le Conservatoire du littoral, etc.).

Au début our présenter aux acteurs locaux le projdu programme, des rencontres territoriales ont été organisées sur chaque terrain pet et échanger avec eux sur les problématiques locales (le 24 avril 2017 dans les locaux de l’école à La Rochelle concernant le terrain « Île de Ré »). Toujours dans une logique de co-construction de la recherche, un symposium a été organisé à Saint-Brieuc les 5 et 6 juin 2019 afin de présenter l’avancement des recherches et engager des débats ouverts.

Enfin, des webinaires de restitutions, ouverts au grand public ont été organisés au printemps 2021, dont le premier concernant le terrain « Île de Ré » le 25 mai 2021.

Dans le cadre de ces rendez-vous organisés avec les acteurs socioprofessionnels nous avons été amenés à travailler plus étroitement avec l’association Rivages de France située à La Rochelle près du Musée Maritime4. Cette association regroupe une centaine de gestionnaires et/ou financeurs d’espaces naturels littoraux et lacustres protégés en France métropolitaine et d’outremer. Nous avons été conviés à la réalisation d’une conférence puis à l’animation d’une table ronde sur les enjeux territoriaux et jeux d’acteurs concernant le sentier du littoral lors d’une rencontre régionale de gestionnaires d’espaces littoraux protégés organisée par Rivages de France et le conservatoire du Littoral à Perros-Guirec (Côtes d’Armor) le 11 décembre 2019. Cette journée a résulté de la publication d’un guide du sentier du littoral comportant des retours d’expériences et des propositions d’actions à destination des gestionnaires.

Plus récemment, dans le cadre de l’émission de radio « Économie et société durables » diffusée sur RCF Charente-Maritime le 13 octobre 20205 , sur invitation de Dimbi Ramonjy, professeur-associé à Excelia, avec Marie-Noëlle Rimaud nous avons eu le plaisir de convier Florian Geffroy directeur de Rivages de France, pour témoigner et échanger sur les enjeux de la protection du littoral.

 

Sensibiliser les étudiants à un tourisme durable sur le littoral

Riches des résultats collectés dans le cadre du programme IMTERPED, mais aussi de la collaboration initiée avec Rivages de France, la transmission des connaissances se présentait comme le dernier maillon de cette approche transversale d’une recherche sur le sentier du littoral.

Au cours de l’été 2020, avec Marie-Noëlle Rimaud nous avons rédigé un cas pédagogique sur Rivages de France destiné aux étudiants dans le cadre de cours sur le tourisme durable. Nous avons profité des 30 ans de Rivages de France en 2020, pour élaborer une rétrospective de la trajectoire de l’association puis avons formulé une problématique portant sur les actions à mener vis-à-vis d’un public en quête de loisirs sur les espaces littoraux et lacustres tout en respectant des engagements de protection de l’environnement et en particulier dans ce contexte complexe de pandémie de COVID-19.

sentier littoralEntre septembre et décembre 2020 nous avons expérimenté le cas pédagogique sur deux niveaux de formation : première année de Bachelor Management du Tourisme et de l’Hôtellerie (parcours Tourism Management et Hotel Management) d’Excelia Tourism School et la deuxième année de MSc Destinations et Projets Touristiques d’Excelia Business School.

  • En bachelor, dans le cadre du module « Management de projet écotouristique » les étudiants devaient interroger le rôle des gestionnaires dans la valorisation de sites sensibles à des fins d’activités de loisirs et de tourisme et réaliser une communication associée.
  • En Master, dans le cadre du module « Management territorial du développement durable », les étudiants étaient amenés à réfléchir aux choix stratégiques que Rivages de France et ses membres devront opérer afin d’orienter certaines de leurs activités vers un tourisme durable.

Début 2021, la réalisation du cas pédagogique s’est achevée par la rédaction de la note pédagogique, intégrant les retours d’expériences des étudiants ainsi que les remarques et observations de la direction de Rivages de France. Le cas a été soumis mi-mai 2021 à la CCMP pour intégration au processus éditorial.

Enfin, à noter que les diverses publications réalisées en 2020 dans le cadre du programme IMTERPED ont été utilisées pour réaliser un parcours e-learning à destination des étudiants « Gérer la fréquentation touristique : entre contrainte et différenciation ».

 

En conclusion, cet été ou plus tard, quand nous sillonnerons un sentier, cette trace linéaire la plus ancienne et sans doute la plus fine et discrète que les hommes aient imprimée sur leur espace (Sacareau, 1997), en particulier sur le littoral, vestige d’un système de surveillance des côtes datant de 1791, nous nous remémorerons cette pensée d’Antoine de Baecque « ce sentier, tel qu’il est et qu’il part, moi je l’aime » (de Baecque, 2016, p. 11), mais nous n’oublierons pas que sous nos pieds se cache une gestion qui mobilise de nombreux acteurs afin d’assurer une qualité de notre expérience de balade sur le littoral.

 

Références

1/ Direction Générale des Entreprises (2019) « Le tourisme littoral », Ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance, mis en ligne le 06.12.2019, URL : https://www.entreprises.gouv.fr/fr/tourisme/developpement-et-competitivite-du-secteur/tourisme-littoral

2/ Programme de recherche piloté sous la coordination générale de Yohann Rech, maître de conférences à l’Université Rennes 2, plus d’informations sur le site web, URL : https://www.vips2.fr/imterped/

3/ Espaces-laboratoires : Presqu’île de Quiberon, Baie de Saint-Brieuc, Île de Ré, Corniche de l’Estérel et rive française du lac Léman

4/ Plus d’informations sur l’association Rivages de France : http://www.rivagesdefrance.org/

5/ Pour réécouter l’émission « Les enjeux de la protection du littoral », Economie et société durables, Radio RCF Charente Maritime, diffusée le 13.10.2020, 24’51, URL : https://rcf.fr/actualite/environnement/protection-du-littoral-marie-noelle-rimaud-jeromepiriou-florian-geoffroy-0

Bibliographie

Corbin, A. Le territoire du Vide. L’occident et le désir du rivage 1750-1840. Paris : Flammarion, 1988.

de Baecque, A. Une histoire de la marche. Paris : éditions Perrin, collection « synthèses historiques », 2016.

Duhamel, P. et Violier, P. Tourisme et littoral : un enjeu du monde. Paris : Belin, 2009.

Lussault, M. Article « Coprésence », in Lévy, J. et Lussault, M. (dir.) Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés. Paris : Belin, p. 211-213, 2003.

Piriou, J., Rech, Y., Clivaz, C. Gestion du sentier littoral par les EPCI. Juristourisme, n°234, 10/2020, 23-26.

Piriou, J., Rimaud, M.-N. Le sentier du littoral à l’épreuve du déconfinement. The Conversation, 29 mai 2020, URL : https://theconversation.com/le-sentier-du-littoral-a-lepreuve-de-la-strategie-de-deconfinement-139420.

Sacareau, I. « Sentiers de trekking et activités de portage au Népal », Strates, n°9, 1997. [http://journals.openedition.org/strates/622]. Consulté le 01-07-2020.